Programme pdf
Adhérer

Archive pour la catégorie ‘Biographies’

Film projeté à Cinéphilandes : Namibia : The Struggle for Liberation
Charles Burnett est né le 13 avril 1944 à Vicksburg, une ville de l’Etat du Mississippi. Ses parents décident de quitter le Sud ségrégationniste pour s’installer en Californie, à l’époque de la Grande Migration. A l’instar de beaucoup de familles américaines noires, les Burnett partent en quête de travail dans l’industrie florissante de l’armement, là où les conditions de vie sont réputées meilleures et le droit de vote acquis aux minorités.
C’est donc à Los Angeles, et plus exactement dans le ghetto de Watts que Charles Burnett va grandir. Il décroche un master d’art dramatique à la prestigieuse Université de Californie à Los Angeles (UCLA), où la majorité écrasante des étudiants est issue de la fine fleur de la bourgeoisie californienne. C’est d’ailleurs à cette époque que Charles Burnett commence à s’intéresser à la réalisation en tant qu’amateur. Comme il le révèlera plus tard, il était loin de s’imaginer travaillant à Hollywood. Se démarquant par son appartenance sociale et raciale, Charles Burnett trouve auprès de certains de ses professeurs les encouragements et les conseils qui vont le guider vers une perception personnelle de l’art de la mise en scène. A l’époque, les débouchés au cinéma pour un jeune noir étaient assez limités.
Mais Charles Burnett est bien décidé à poursuivre dans la voie qu’il s’est choisie. Il tourne en 1977 dans le cadre de sa thèse universitaire un film amateur Killer of Sheep, dans lequel il montre de manière brute l’univers dans lequel il a vécu : un ghetto exorcisant ses frustrations à travers une attitude de fierté et de militantisme qui s’est développée après les grandes émeutes raciales de 1965. Sans le savoir, le jeune cinéaste en herbe signe une œuvre qui va devenir une pierre angulaire du cinéma social américain. Le film est sélectionné en 1990 par la Bibliothèque du Congrès pour y être consigné en tant que trésor national, étant donné son importance culturelle, historique et esthétique. Longtemps cantonné à des projections restreintes à cause d’un problème de droits d’auteur lié à la bande-son, le film ne va connaître une large diffusion en salle et en DVD que près de trente ans après avoir été tourné.
Participant de la veine du réalisme social, ce film est primé au Festival de Berlin en 1981.
En 1983, il écrit, réalise et produit le film indépendant My Brother’s Wedding.
En 1990, il écrit et réalise le drame La rage au coeur, avec Danny Glover. Le film remporte trois Independent Spirit Awards en 1991 : meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur acteur pour Glover. Il obtient également le National Society of Film Critics Award du meilleur scénario et le Prix spécial de la Los Angeles Film Critics Association. Le film est également primé au Festival de Sundance 1990.
Son film suivant, Ma peau est mon malheur, avec Lori Petty, Michael Boatman et Ice Cube, est basé sur une histoire vraie de corruption et de racisme au sein de la police de Los Angeles.
Charles Burnett signe également plusieurs documentaires, notamment America Becoming en 1991, Nat Turner : A Troublesome Property et Devil’s Fire en 2003. Ce dernier fait partie de la série « The Blues » produite par Martin Scorsese.
Il réalise ensuite un téléfilm plébiscité, Night john, d’après le roman de Gary Paulsen, qui recevra une citation spéciale de la National Society of Film Critics. Pour la télévision, il a réalisé en 1998 la minisérie The Wedding, en 1999 Selma, Lord, Selma et en 2000 le film Finding Buck Mc Henry.
En 2007, Charles Burnett dirige à nouveau Danny Glover dans le long métrage Namibia : The Struggle for Liberation, un portrait du leader indépendantiste namibien Samuel Nujoma.
En 2009, il réalise, pour la télévision, Une si longue absence.
Zana Briski est née à Londres en 1966. Après une maîtrise de théologie et d’étude des religions à l’université de Cambridge, elle étudie le documentaire photographique au Centre International de Photographie de New-York.
Elle a fait son premier voyage en Inde en 1995 et produit un reportage sur l’infanticide.
Elle retourne en Inde en 1997 et démarre un projet sur les prostituées du quartier chaud de Calcutta.
Après avoir réalisé Camera Kids, en 2002, Zana a créé « Kids with Cameras », une organisation sans but lucratif qui a pour mission de responsabiliser les enfants marginalisés dans le monde à travers l’apprentissage de l’art et de la photographie. Camera Kids reçoit l’Oscar du Meilleur Documentaire en Février 2005. Le titre original est plus violent : Born into Brothel (Nés dans un bordel). On y fait connaissance avec des enfants d’un quartier chaud de Calcutta, où la photographe et journaliste Zana Briski était venu enquêter sur la condition des femmes. Devant la curiosité des enfants pour son travail, elle leur a enseigné la technique de la prise de vues, avant de confier à chacun un appareil photo. Ces filles et fils de prostituées, mis au ban de la société, sont devenus reporters de leur propre vie et artistes : la force de leur regard a surgi, d’une manière magnifique, dans des photos qui ont été exposées, mises en vente et leur ont ouvert un nouvel horizon. C’est cette histoire que retrace Camera Kids. Toute la valeur de la démarche de Zana Briski rejaillit d’emblée sur ce film : il suffit de voir les enfants, le monde où ils vivent et leurs photos pour être captivé. Mais ce documentaire est aussi une réussite du point de vue du cinéma. La place des enfants s’y dessine dans sa complexité. Après un déclic parfois miraculeux, spontané et presque facile, être à la hauteur de tout le bien qu’on dit soudain d’eux n’est pas simple pour ces gosses habitués à être dénigrés. On voudrait en savoir plus sur la vie des mères prostituées de Calcutta et sur les pères, apparemment tous déchus. Mais l’essentiel est là : les enfants et leur parole aussi émouvante que leurs images.
Né à Paris le 1er Septembre 1953, de parents algériens, est un réalisateur et producteur franco-algérien. C’est dans une entreprise emblématique de la culture française que Rachid Bouchareb fait ses premiers pas : TF1 de 1977 à 1984. Technicien de plateau pour la chaîne qui appartient encore au service public, c’est pour lui l’occasion de découvrir l’univers des tournages mais aussi de réaliser ses premiers courts-métrages.
En 1985, il réalise son premier long Bâton Rouge, qui raconte l’histoire de trois amis qui décident de s’exiler aux Etats-Unis pour trouver du travail. En 1991, il sort Cheb.
N’oubliant pas la télévision grâce à laquelle il a débuté, il continue de réaliser quelques téléfilms parallèlement à sa carrière cinématographique, notamment Des années déchirées, en 1992, contant le désarroi de deux anciens combattants du FLN vis-à-vis de la mutation algérienne.
Pour son troisième film, il connaît un succès d’estime complètement inattendu. Poussières de vie, l’histoire de Son, fils d’un officier noir américain et d’une vietnamienne, abandonné par son père après le retrait américain du Viêt-Nam en 1975, est nommé pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1995. Parfois qualifié de « cinéaste beur », il refuse cette annotation et prouve, via son rôle de producteur, son ouverture vers d’autres formes de cinéma.
Avec son associé Jean Brehat, avec lequel il a crée les sociétés 3B Production en 1989 et Tadrat Films en 1997, il produit des films de différentes nationalités, notamment albanais comme Kolonel Bunker ou vietnamien tel que Gardien de buffles. Il a également produit tous les films de Bruno Dumont, de La vie de Jésus sorti en 1997, en passant par L’Humanité en 1999 à Flandres en 2006, visible sur les écrans la même année que son long métrage Indigènes. Ce film fut tourné avec Jamel Debbouze, Roschdy Zem (qu’il avait déjà dirigé, dans Little Sénégal, son précédent film), Sami Bouajila, Samy Nacery et Bernard Blancan, et tous les cinq furent récompensés par le Prix d’interprétation masculine, prix collectif, lors du Festival de Cannes en 2005.
En 2008 il tourne London River avec de nouveau Sotigui Kouyaté et Sami Bouajila et en 2010 Hors-la-loi dont le sujet se passe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale alors que les manifestations pour l’indépendance de l’Algérie deviennent de plus en plus fréquentes en France. Les scènes finales évoquent le massacre du 17 octobre 1961 à Paris.
En 2014, Rachid Bouchareb sort La Voie de l’ennemi, film policier franco-américain, coproduit, coécrit et réalisé par lui-même. Parallèlement à ses films, Rachid Bouchareb réalise des courts-métrages, des téléfilms et une série télévisées Frères d’armes en 2014/2015.
Son dernier film La route d’Istanbul est sorti le 11 Mai 2016 avec Astrid Whettnall et Pauline Burlet. L’histoire d’une infirmière belge qui tente de retrouver sa fille partie en Syrie… Rachid Bouchareb signe un récit épuré sur le désarroi et la solitude des parents djihadistes.
 
 
Michale Boganim, est née le 17 juillet 1977 à Haïfa c’est une réalisatrice d’origine marocaine.
Elle étudie la philosophie puis l’anthropologie sous la direction de Jean Rouch à la Sorbonne, puis retourne en Israël pour finir ses études de philosophie et d’histoire à l’Université Hébraïque. Elle part ensuite à Londres afin d’entrer dans la National Film School of Londonen section réalisation.
En 2000, elle réalise son premier court-métrage documentaire, Poussière, sur l’ancien quartier juif d’Odessa. Ce court-métrage sort en 2001 et obtient de nombreux prix.
En 2002, elle sort un autre court-métrage Dim memories (Mémoires incertaines), en 2004, Macao, Last stop , court-métrage documentaire.
La documentariste réalise son premier long documentaire en 2005, Odessa…Odessa!, s’intéressant à nouveau à la ville ukrainienne. Ce documentaire reçoit aussi de nombreux prix.
En 2007, elle réalise Renata et Dovid Kratz , deux courts-métrages pour Arte.
En 2012, elle tourne La Terre outragée, sa première fiction consacrée à la catastrophe de Tchernobyl1. Le film est présenté à la Mostra de Venise, au festival international du film de Toronto et dans plus de 50 festivals dans le monde. Il est sélectionné au festival international du film de Tokyo où il remporte un franc succès et fait une sortie remarquée. En France le film obtient le prix du public au festival d’Angers; il est unanimement salué par la critique.
La même année, elle est membre du jury du 3e festival international du film d’Odessa.
Philippe Blasband est né à Téhéran en Iran le 26 Juillet 1964. Belge d’expression française, romancier, dramaturge, scénariste, réalisateur et metteur en scène, il vit et travaille en Belgique où il trouve une certaine poésie même dans ses côtés les plus absurdes. Il est l’un des scénaristes les plus demandés du cinéma belge actuel.
Né d’une mère iranienne et d’un père belge, avec des origines juives, polonaises et autrichiennes. Il a vécu deux ans en Angleterre, trois aux USA, cinq en Belgique et quatre en Iran. Depuis la révolution iranienne en 1979, il vit en Belgique à Bruxelles.
Reconnu pour la virtuosité de son écriture, Blasband se forme d’abord au montage, à l’Institut National Supérieur des arts de la Scène (INSAS) de Bruxelles.
Pour le théâtre, il écrit plus d’une quinzaine de pièces : La lettre des chats (primé en 1991 et en 1993), Une chose intime, Jef, L’Argent du ministre, l’Invisible, Pitch, Les témoins. Il signe la première mise en scène des Mangeuses de chocolat en 1966, à l’Atelier Sainte Anne.
Certaines de ses œuvres on été traduites en italien, en allemand, en chinois, en russe et en néerlandais.
Pour le cinéma, outre les montages qu’il réalise, il écrit une douzaine de long-métrages, dont Une liaison pornographique (Coupe Volpi d’interprétation pour Nathalie Baye à Venise en 2000),Thomas est amoureux (Primé au Festival de Venise en 2000, au Festival d’Angers en 2001, Meliès d’Or du Meilleur Film Européen Fantastique en 2001, Grand Prix de Gérardmer en 2001, Prix de la Meilleure Comédienne pour Aylin Yay au Festival de Paris en 2001). J’ai toujours voulu être une sainte (Zénith d’Or du premier long-métrage au Festival du Film à Montréal). Il a également écrit les scénarios de Le Tango de Rashevski , Mariée mais pas trop, Nathalie et de La Femme de Gilles.
Lui-même réalise quelques long-métrages dont Un honnête commerçant en 2002 (sélectionné au Festival de Montréal et de Venise, et primé au Festival de Zlin) et La Couleur des mots en 2006 (primé au Festival d’Amiens). Ce film traite de la dysphasie. Son fils Théo qu’il a eu avec la comédienne Aylin Yay est touché par cette maladie.
En 2008, il réalise Coquelicots et en 2009 Maternelle.
En 2009 il réalise un film qui s’intitule Maternelle, et prochainement un nouveau film Sur la pointe des pieds, une histoire sur des gens bourrés de tics, le casting n’est pas encore connu.
Il publie également des romans dont De cendres et de fumée, récompensé par le Prix Victor-Rossel en 1990 (prix littéraire belge), en 1998 il écrit Le Livre des Rabinovitch, en 2000 il publie la nouvelle Quand j’étais sumo et en 2005 le roman Johnny Bruxelles.
Herbert J. Biberman est un cinéaste, producteur et scénariste américain né le 4 mars 1900 à Philadelphie en Pennsylvanie. Après une longue activité théâtrale, il signe en 1935 son premier film One Way Ticket, qui sera suivi de Meet Nero Wolf en 1936 et de The Master Race en 1944, mais doit bientôt se limiter à des entreprises de faible budget comme scénariste ou coproducteur.
En 1947, interrogé par la House Un-American Activities Committee (HUAC), il refuse de répondre aux questions sur son appartenance au Parti communiste américain. C’est le FBI qui, en fait, fournit à la commission les renseignements sur les communistes travaillant à Hollywood. Une liste de 19 membres du Parti communiste fut donc établie. Elle comprenait les scénaristes Alvah Bessie, Lester Cole, Richard Collins, Gordon Kahn, Howard W. Koch, Ring Lardner Jr, John Howard Lawson, Albert Maltz, Samuel Ornitz, Waldo Salt, et Dalton Trumbo, les réalisateurs Edward Dmytryk, Lewis Milestone et Irving Pichel, ainsi que les scénaristes et réalisateurs Herbert J Biberman et Robert Rossen. Herbert Biberman et Edward Dmytryk furent condamnés à six mois de prison, les autres à un an de prison. Les studios résilièrent leurs contrats et ils furent inscrits sur la liste noire d’Hollywood. Tous eurent énormément de mal à trouver du travail par la suite.
Mis au ban d’Hollywood, il réalise en 1954, dans des conditions très précaires, Le Sel de la terre, drame puissant, délibérément didactique, qui dénonce les conditions de vie des mineurs au Nouveau Mexique. Boycotté en Amérique où il ne sera distribué qu’en 1965, le film rencontre un grand succès en Europe.
Force est de reconnaître que ses qualités ne se retrouve pas dans Esclaves en 1969, dernière tentative du cinéaste : l’analyse idéologique n’y est pas approfondie et l’esthétique, assez factice.
Il décède le 30 Juin 1971 à New York à l’âge de 71 ans.
Réalisateur, scénariste et producteur, né à Orense, en 1951. Xavier Bermúdez fut journaliste pour la presse écrite, la radio et la télévision avant de débuter dans le cinéma, comme scénariste et réalisateur, sur deux court-métrages: La hija del anarquista (1980) et Cancion de cuna (1990). En 1992, il réalise son premier long métrage Luz negra, puis son deuxième en 1997 Nena, pour lequel il est aussi producteur. En 2000, il publie un ouvrage consacré à Luis Buñuel, « Buñuel : espejo y sueño » et réalise pour Canal Plus le film Peregrinos, un des épisodes de la télé série Seis miradas de Santiago. Il est aussi co-scénariste des deux longs métrages de Manane Rodriguez Retrato de mujer con hombre al fondo (1997) et Los pasos perdidos (2001). Pour son film Léon & Olvido, il fut largement récompensé dans divers festivals : prix du meilleur réalisateur au Festival International du Film de Karlovy Vary et au Festival de Cinéma d’Ourense, et prix du meilleur scénario au Festival Cinespaña de Toulouse. Xavier Bermúdez anime ponctuellement des ateliers d’écriture cinématographique à Madrid.
En 2013 il réalise O ouro do Tempo avec Naréa Barros et Manolo Cortès. Cinquième long métrage du galicien, dont le film a été jusqu’ici mineur. L’or du temps a participé à la section officielle de différents festivals tels que Karlovy Vary et Malaga, sans obtenir de récompenses.

Bergman est un metteur en scène de théâtre, scénariste et réalisateur de cinéma suédois né à Uppsala le 14 juillet 1918 et mort le 30 juillet 2007 sur l’île de Farö (Suède).

Elevé dans une famille luthérienne aux relations complexes, Ingmar Bergman reçoit de son père, pasteur, une éducation plus que stricte. Il se réfugie tout jeune dans un univers de rêve, de jeu et dans la littérature. Il passe le meilleur de son enfance à Uppsala chez sa grand-mère qui l’emmène au cinéma. Après l’adolescence, il s’inscrit à l’université de Stockholm en histoire et littérature. Tout en suivant ses cours, il commence à vivre sa passion pour le théâtre et monte des spectacles qu’il fait jouer par ses camarades. A la fin des années 1930, il joue et met en scène Shakespeare et Strindberg. C’est donc avec une solide expérience et une vaste culture théâtrale qu’il intègre l’équipe des scénaristes de la Svensk Filmindustri. En 1944, un de ses scénarios est porté pour la première fois à l’écran : Tourments, réalisé par Alf Sjöberg. Le film est sélectionné à la Mostra de Venise.
En 1945, la Svensk Filmindustri permet à Ingmar Bergman de réaliser son premier film, Crise, adapté d’une pièce du danois Leck Fisher. Il fait de ce film, comme des suivants, une oeuvre très personnelle. A travers le portrait d’une adolescente en lutte contre sa mère, le réalisateur expose déjà un de ses thèmes favoris : celui des conflits que peut engendrer l’autorité. Le succès auprès du public n’est toutefois pas au rendez-vous.
Avec La soif (1949), Bergman transpose le thème de Crise dans le monde des adultes. Les amants occupent une place centrale dans ses films dès le début des années 1950 entre autres dans Jeu d’été (1950) et Monika (1952) . Ingmar Bergman récidive avec La nuit des forains (1953) qui pose l’universalité du principe, dans un univers décalé, de l’incommunicabilité conjugale.
Quand ses films, habituellement austères, revêtent les couleurs de la comédie, ils nous offrent toujours les auspices vengeurs du couple. C’est le cas dans Rêves de femmes (1955) et dans Sourires d’une nuit d’été (1955), qui obtient le prix spécial du jury à Cannes, où percent une férocité et une cruauté insidieuse. Le cinéaste est hospitalisé pour surmenage. C’est à cette période qu’on peut d’ailleurs considérer que Bergman en a fini avec les influences du cinéma français et italien, et qu’il va trouver une maturité cinématographique entièrement personnelle.
Avec Le septième sceau (1956), tourné dans des décors médiévaux, Ingmar Bergman ouvre au public un nouveau champ de sa conscience en exposant des acteurs tourmentés par le doute métaphysique et l’angoisse face à la mort. Le réalisateur commence à régler ses comptes avec une éducation religieuse qu’il a mal supportée. Il épure son style et se concentre davantage sur le fond avec Les fraises sauvages (1957), A travers le miroir (1961), Les communiants (1962), Le silence (1962).
La synthèse de cette évolution se retrouve dans les films que Bergman tourne entre 1965 et 1970 avec la comédienne Liv Ullmann. Il descend dans les tréfonds de l’âme humaine, torturant ses personnages jusqu’à les rendre fous. Ainsi n’est-il pas exagéré de dire que Persona (1965) confine à l’étude psychanalytique : par la confrontation de seulement deux personnages, le film permet une exploration de la personne en tant qu’animal social mais aussi en tant qu’individu authentique. Enfin, alors que l’on pense qu’il est au sommet de son art, Ingmar Bergman commence à défricher le mystère féminin. Cris et chuchotements (1971), qui narre les derniers instants de la vie d’une femme, est accueilli comme son chef-d’oeuvre. Tout y est réuni : l’amour, la mort, l’au-delà.
Pressentant la crise commerciale du cinéma, Ingmar Bergman est tenté de travailler pour la télévision : il écrit et tourne Scène de la vie conjugale (1973) en six épisodes aux succès immédiats, qu’il adapte par la suite au cinéma. Il quitte ensuite la Suède après des démêlées fiscales. Il revient au grand écran avec Sonate d’automne (1977) pour offrir à Ingrid Bergman l’un de ses plus beaux rôles, celui d’une pianiste tourmentée par son passé maternel. Son testament au cinéma, Fanny et Alexandre (1981), ramène le cinéaste sur les lieux de son enfance et dégage enfin une impression de sérénité. Le film aboutit à la conclusion que le travail imaginaire de l’enfant et le travail de l’artiste participent des mêmes processus pour fuir une réalité accablante.
Bergman décide alors de cesser ses activités cinématographiques. Cependant toute son oeuvre des années 90 et 2000, tournée exclusivement pour la télévision, est en continuité immédiate avec toute sa filmographie. Bergman tient à dissocier ses deux carrières et ne souhaite pas voir ses opus télés sortir en salle. Cependant, Après La répétition (1983) sort au cinéma : il s’agit d’un hommage à l’actrice suédoise Gertrud Fridh. Dans ce film, Bergman mène en filigrane une réflexion sur son propre travail.
En 1998 est présenté à Cannes En présence d’un clown, captation d’une pièce filmée pour la télévision. Le cinéaste y reprend une nouvelle fois la thématique du salut par les arts et le spectacle : son personnage, interné, retrouve le plaisir de monter une pièce et raconter une histoire, même dans son appareil le plus simple. La dernière oeuvre du « maître » est Sarabande (2003), qu’il tourne en numérique ; il redonne vie à Marianne et Johan, personnages de Scènes de la vie conjugale, qui se retrouvent, trente ans après s’être séparés. Là encore sont exploitées dans une noirceur extrême les topics de l’angoisse face à la mort, l’endurance de l’humain à la douleur, la vieillesse des corps, la méchanceté.
Ingmar Bergman a mené une carrière théâtrale toute sa vie. Il a été en charge de nombreux théâtres municipaux en Norvège, et du Théâtre national de Stockholm. Il consacra les 25 dernières années de sa vie à la télévision.

Né le 29 septembre 1932 à Waxahachie dans le Texas (Etats-Unis), Robert Benton étudie les Beaux-arts à l’Université du Texas puis entreprend une maîtrise à l’Université de Columbia, à New York.
Il s’adonne pendant quelque temps au dessin, puis obtient un poste d’assistant directeur artistique au magazine « Esquire ». Promu finalement, en 1958, directeur artistique à part entière, il signe occasionnellement de courts textes humoristiques.
Il écrit ensuite deux livres en collaboration avec Harvey Schmidt, « The In & Out Book » et « The Worry Book ».
En 1962, il écrit, avec le journaliste David Newman, le scénario de Bonnie & Clyde, originellement destiné à… François Truffaut !
En 1964, après avoir quitté « Esquire », la paire Benton/Newman signe le livret de la comédie musicale « It’s a Bird… It’s a Plane... It’s Superman », montée à Broadway en 1966. Mais le triomphe de Bonnie & Clyde, réalisé par Arthur Penn, vaut à Benton et Newman un contrat avec la Warner et une collaboration à l’unique western de Joseph L. Mankiewicz, Le reptile. Benton décide alors de passer à la réalisation via Bad Company, un western consacré aux pérégrinations d’une bande de jeunes réfractaires durant la guerre de Sécession.
En 1977, il réalise pour la société de production de Robert Altman Le chat connaît l’assassin, une comédie policière, puis renoue avec David Newman et sa femme Leslie pour peaufiner le scénario de Superman, porté à l’écran avec le succès que l’on sait par Richard Donner.
En 1979, Benton réalise, d’après son propre scénario, Kramer contre Kramer : sur un canevas limpide (un couple, un divorce, un enfant au milieu de la bataille), Robert Benton réussit un modèle de drame intelligent et pudique. Des millions de spectateurs assistent, bouleversés, aux déchirements du tandem Meryl Streep/Dustin Hoffman, et ce qui reste l’œuvre la plus accomplie du réalisateur décroche logiquement cinq Oscars dont celui du Meilleur film. Benton retrouvera Meryl Streep en 1982 pour La mort aux enchères, divertissement policier émaillé de références classiques du “thriller freudien” à la Hitchcock.
En 1984, il dresse à nouveau un beau portrait de femme, celui d’une fermière et mère courage dans sa saga campagnarde, Les saisons du cœur, qui vaut à Sally Field le second Oscar de sa carrière.
La suite patine davantage, entre la comédie futile et policière de 1987 Nadine, interprétée par Kim Basinger et Jeff Bridges, et en 1991, le film noir, soigné mais académique, Billy Bathgate, où il renoue avec Dustin Hoffman et permet à Nicole Kidman, fraîchement débarquée d’Australie de remporter sa première nomination au Golden Globe.
Tout le monde ou presque a fait l’impasse sur ses deux films suivants avec Paul Newman : Un homme presque parfait, balade nostalgique dans l’Amérique des outsiders, et L’Heure magique, drame criminel avec Susan Sarandon.
Après cinq ans d’absence, Robert Benton fait un come-back remarqué en 2003 avec La couleur du mensonge, adapté de « La tache », poignant roman de Philip Roth, où il retrouve Nicole Kidman en femme rude et illettrée.
En 2007 il réalise Festin d’amour qui relate les méandres de l’amour et ses incarnations variées au sein d’un groupe d’amis de l’Oregon. Il tourne ce film avec Morgan Freeman, Salma Blair et Greg Kinnear.
En projet actuellement un biopic de Katherine Graham qui en 1963 prend la tête du Washington Post. Après le suicide de son mari, elle deviendra la première femme à prendre la direction d’un grand quotidien. Elle couvrira aussi l’affaire du Watergate. Laura Linney aura le rôle de Katherine Graham.
Lucas Belvaux est né en Belgique le 14 novembre 1961. Il grandit à Namur, où il fait ses études dans le lycée où son père est administrateur d’internat et militant syndical.
A 17 ans, il décide de tout abandonner et part à Paris pour tenter sa chance comme comédien. Il suit des cours privés et a la chance de trouver rapidement un agent. Il commence alors sa carrière dans des téléfilms.
C’est en 1981 qu’il fait ses premiers pas au cinéma dans Allons Z’enfants  d’Yves Boisset, dans lequel il joue un jeune insoumis aux côtés de Jean Carmet. Il tourne également pour Losey et Zulowski, avant de se faire remarquer par deux maîtres de la nouvelle vague, Claude Chabrol et Jacques Rivette, pour qui il tourne respectivement dans Poulet au vinaigre et Hurlevent. Jusqu’en 2009, il a joué dans de nombreux films (dont les siens).
Il est aussi réalisateur et, en particulier, auteur de la trilogie constituée des films Un couple épatant, Cavale et Après la vie. Ces trois films dont les actions s’entrecoupent, racontent les mêmes évènements sur un mode comique dans Un couple épatant, policier dans Cavale et dramatique dans Après la vie. Avec cette trilogie, Lucas Belvaux remporte le Prix Louis-Delluc en 2003.
En 2006, il réalise La Raison du plus faible, en 2009, Rapt, un film librement inspiré de l’affaire Empain et en 2012, 38 Témoins. En 2014, il sort Pas son genre.
Actuellement, il tourne Chez nous (sortie prévue en 2017).
Plusieurs fois nommé aux César, Lucas Belvaux n’a jamais été récompensé.