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Bergman est un metteur en scène de théâtre, scénariste et réalisateur de cinéma suédois né à Uppsala le 14 juillet 1918 et mort le 30 juillet 2007 sur l’île de Farö (Suède).

Elevé dans une famille luthérienne aux relations complexes, Ingmar Bergman reçoit de son père, pasteur, une éducation plus que stricte. Il se réfugie tout jeune dans un univers de rêve, de jeu et dans la littérature. Il passe le meilleur de son enfance à Uppsala chez sa grand-mère qui l’emmène au cinéma. Après l’adolescence, il s’inscrit à l’université de Stockholm en histoire et littérature. Tout en suivant ses cours, il commence à vivre sa passion pour le théâtre et monte des spectacles qu’il fait jouer par ses camarades. A la fin des années 1930, il joue et met en scène Shakespeare et Strindberg. C’est donc avec une solide expérience et une vaste culture théâtrale qu’il intègre l’équipe des scénaristes de la Svensk Filmindustri. En 1944, un de ses scénarios est porté pour la première fois à l’écran : Tourments, réalisé par Alf Sjöberg. Le film est sélectionné à la Mostra de Venise.
En 1945, la Svensk Filmindustri permet à Ingmar Bergman de réaliser son premier film, Crise, adapté d’une pièce du danois Leck Fisher. Il fait de ce film, comme des suivants, une oeuvre très personnelle. A travers le portrait d’une adolescente en lutte contre sa mère, le réalisateur expose déjà un de ses thèmes favoris : celui des conflits que peut engendrer l’autorité. Le succès auprès du public n’est toutefois pas au rendez-vous.
Avec La soif (1949), Bergman transpose le thème de Crise dans le monde des adultes. Les amants occupent une place centrale dans ses films dès le début des années 1950 entre autres dans Jeu d’été (1950) et Monika (1952) . Ingmar Bergman récidive avec La nuit des forains (1953) qui pose l’universalité du principe, dans un univers décalé, de l’incommunicabilité conjugale.
Quand ses films, habituellement austères, revêtent les couleurs de la comédie, ils nous offrent toujours les auspices vengeurs du couple. C’est le cas dans Rêves de femmes (1955) et dans Sourires d’une nuit d’été (1955), qui obtient le prix spécial du jury à Cannes, où percent une férocité et une cruauté insidieuse. Le cinéaste est hospitalisé pour surmenage. C’est à cette période qu’on peut d’ailleurs considérer que Bergman en a fini avec les influences du cinéma français et italien, et qu’il va trouver une maturité cinématographique entièrement personnelle.
Avec Le septième sceau (1956), tourné dans des décors médiévaux, Ingmar Bergman ouvre au public un nouveau champ de sa conscience en exposant des acteurs tourmentés par le doute métaphysique et l’angoisse face à la mort. Le réalisateur commence à régler ses comptes avec une éducation religieuse qu’il a mal supportée. Il épure son style et se concentre davantage sur le fond avec Les fraises sauvages (1957), A travers le miroir (1961), Les communiants (1962), Le silence (1962).
La synthèse de cette évolution se retrouve dans les films que Bergman tourne entre 1965 et 1970 avec la comédienne Liv Ullmann. Il descend dans les tréfonds de l’âme humaine, torturant ses personnages jusqu’à les rendre fous. Ainsi n’est-il pas exagéré de dire que Persona (1965) confine à l’étude psychanalytique : par la confrontation de seulement deux personnages, le film permet une exploration de la personne en tant qu’animal social mais aussi en tant qu’individu authentique. Enfin, alors que l’on pense qu’il est au sommet de son art, Ingmar Bergman commence à défricher le mystère féminin. Cris et chuchotements (1971), qui narre les derniers instants de la vie d’une femme, est accueilli comme son chef-d’oeuvre. Tout y est réuni : l’amour, la mort, l’au-delà.
Pressentant la crise commerciale du cinéma, Ingmar Bergman est tenté de travailler pour la télévision : il écrit et tourne Scène de la vie conjugale (1973) en six épisodes aux succès immédiats, qu’il adapte par la suite au cinéma. Il quitte ensuite la Suède après des démêlées fiscales. Il revient au grand écran avec Sonate d’automne (1977) pour offrir à Ingrid Bergman l’un de ses plus beaux rôles, celui d’une pianiste tourmentée par son passé maternel. Son testament au cinéma, Fanny et Alexandre (1981), ramène le cinéaste sur les lieux de son enfance et dégage enfin une impression de sérénité. Le film aboutit à la conclusion que le travail imaginaire de l’enfant et le travail de l’artiste participent des mêmes processus pour fuir une réalité accablante.
Bergman décide alors de cesser ses activités cinématographiques. Cependant toute son oeuvre des années 90 et 2000, tournée exclusivement pour la télévision, est en continuité immédiate avec toute sa filmographie. Bergman tient à dissocier ses deux carrières et ne souhaite pas voir ses opus télés sortir en salle. Cependant, Après La répétition (1983) sort au cinéma : il s’agit d’un hommage à l’actrice suédoise Gertrud Fridh. Dans ce film, Bergman mène en filigrane une réflexion sur son propre travail.
En 1998 est présenté à Cannes En présence d’un clown, captation d’une pièce filmée pour la télévision. Le cinéaste y reprend une nouvelle fois la thématique du salut par les arts et le spectacle : son personnage, interné, retrouve le plaisir de monter une pièce et raconter une histoire, même dans son appareil le plus simple. La dernière oeuvre du « maître » est Sarabande (2003), qu’il tourne en numérique ; il redonne vie à Marianne et Johan, personnages de Scènes de la vie conjugale, qui se retrouvent, trente ans après s’être séparés. Là encore sont exploitées dans une noirceur extrême les topics de l’angoisse face à la mort, l’endurance de l’humain à la douleur, la vieillesse des corps, la méchanceté.
Ingmar Bergman a mené une carrière théâtrale toute sa vie. Il a été en charge de nombreux théâtres municipaux en Norvège, et du Théâtre national de Stockholm. Il consacra les 25 dernières années de sa vie à la télévision.

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